« Médiafiltre » : un projet média pour s’informer sur les frappes contre Daech

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« Médiafiltre » est une plateforme qui offre aux citoyens de pouvoir se faire leur propre idée sur le conflit syrien et notamment les frappes occidentales et russes en Syrie. Un outil qui peut être très utile dans un contexte médiatique qui rappelle clairement la période de l’annexion de la Crimée par la Russie : chacun assène sa vérité à coup de propagande.

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Logiques médiatiques et conflits oubliés

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Arthur Kholiavyn est un expert letton dans le domaine des relations
internationales. Il explique que de nombreux conflits sanglants ont 
lieu partout dans le monde, mais restent oubliés par les journalistes.

L’on peut actuellement compter quarante-trois conflits armés dans le monde. Pourtant, la plupart d’entre eux ont été véritablement invisibles aux yeux des médias.

1404726767_d181d0bcd0b8Généralement, la guerre fait partie des thèmes les plus importants pour les médias. D’une part, car elle participe à la formation de l’opinion publique (sentiment patriotique, dons à des fondations, etc.).  De l’autre, le traitement médiatique de la guerre, aussi cynique que cela puisse paraître, constitue une partie de l’industrie du divertissement. Mais ce n’est pas nouveau : les éléments tels que la violence, la destruction, la redistribution du pouvoir, font partie intégrante de la société et de la nature humaine. Vous vous amusez à tirer sur tout ce qui bouge dans votre jeu vidéo préféré, et puis un jour, ça arrive vraiment. Mais avec un peu de chance, ce n’est pas chez vous que ça se passe, et vous serez bien protégé par votre « armure idéologique » qu’est votre écran de télévision.

Lorsqu’un conflit armé survient, le phénomène suivant survient systématiquement : les citoyens du monde entier s’insurgent devant leur ordinateur, faisant part de leurs émotions et faisant mine de connaître par cœur les enjeux du pays concerné alors que souvent, ils en connaissaient à peine l’existence la veille.

En réalité, ils se basent la plupart du temps uniquement sur les éléments ce que les médias leurs servent. Or, aujourd’hui, la méthode de sélection des informations par les médias n’a plus de secret pour personne. Il s’agit d’un mécanisme auto-reproducteur qui pousse les journalistes à nous parler pendant des heures des attentats au Pakistan mais en omettant totalement de nous informer sur les attentats aux Kiribati. Conclusion : aussi populaire et global soit le thème de la guerre, il peut ne pas atteindre le public.

Essayez donc de vous remémorer les conflits armés de cette année. Il y en a eu quarante-trois, dont neuf ayant fait plus de 1000 victimes; ce qui est, selon ​​la méthodologie de la base de données d’Uppsala Conflict, considéré comme une guerre.

Commençons par les guerres. Tout le monde sait que quelque chose se passe en l’Afghanistan, en Irak, en Somalie et en SyrieCertes, ce sont  les épisodes les plus sanglants de la guerre avec les islamistes dans les zones frontalières du Pakistan avec l’Afghanistan, et les attaques contre les chrétiens au Nigeria organisées par les islamistes qui  attirent le plus l’attention. Mais si l’on raisonne en terme de victimes, la deuxième guerre en 2013 fut celle des cartels de la drogue et du gouvernement mexicain  avec près de 12 000 personnes concernées, un nombre total de victimes et plus d’un demi-million forcés de quitter leur maison. Pourtant, en avez-vous entendu parler ? 

Dans la ville de La Barca, soixante-sept personnes ont été tuées en novembre dernier. L’année de l’investiture du président mexicain Enrico Peña Nieto, plus d’un demi-million de personnes ont été officiellement enlevées. Le nombre de soldats morts se compte par centaines, les policiers par milliers et les membres de cartels par dizaine de milliers. Le nombre d’enfants tués a dépassé le millier. La zone concernée par la guerre s’étend au moins sur sept États, ce qui équivaut à la taille de la France.

La guerre du sud-Soudan est un autre exemple de guerre « méconnue ». Si la couverture médiatique des conflits transfrontaliers sur les champs de pétrole dans la partie nord de l’État précédemment unifié a largement baissé, il semblerait que le conflit ethnique interne naissant ne soit pas digne d’intérêt du tout. Pendant ce temps, a débuté un conflit entre les Nuer et les Dinka, après que le leader de l’opposition ne soit pas venu au Conseil de libération nationale, où dix mille personnes étaient présentes. L’Ouganda est intervenu dans le conflit, et les citoyens des pays occidentaux ont quitté le pays sous le couvert des forces spéciales américaines. Cela rappelle un fameux conflit qui en 1994, a abouti à un des génocide les plus sanglant de l’histoire humaine. Dans ce pays potentiellement riche (avec ses réserves pétrolières), le spectre de la faim et de la crise humanitaire a commencé, avec notamment une épidémie de choléra.

En ce qui concerne le conflit centrafricain entre les groupes du gouvernement et les rebelles de la Séléka, il a lui bénéficié de l’attention des organisations internationales, mais pas les médias. L’Union européenne a renforcé ses troupes de maintien de la paix auquel la France a activement contribué. En réalité, le deuxième et le seul pays membre ayant réellement participé s’est avéré être … l’Estonie.

L’envoi de troupes de la part des gouvernements espagnols, finlandais, lettons, luxembourgeois, néerlandais et polonais n’est que récent. L’Union africaine a engagé sa mission, ainsi que des pays qui ne font pas partie d’aucune union quelle qu’elle soit. Ainsi, la Géorgie a envoyé son contingent limité, puis la la Russie, la Croatie et l’Albanie qui ont signé un accord de participation après la première phase de la guerre civile. Si les pays des Balkans peuvent saisir cette occasion pour réaffirmer leur intégration euro-atlantique, la Russie, elle, peut utiliser cet accord dans les négociations d’autres problèmes graves dans les relations avec l’UE.

Le degré d’intérêt porté à un conflit par les médias et la société dépend du nombre de victimes, de l’intensité et de la durée des affrontements, mais aussi et surtout du pays auquel appartiennent les médias en question.

Si ni la géopolitique, ni la politique, ni l’idéologie ni des valeurs spécifiques de la société n’est menacé, alors un citoyen lambda risque de ne pas être au courant d’un grave conflit à l’autre bout du monde. Cependant, notre époque nous a doté de l’outil merveilleux qu’est Internet, et il permet à quiconque le possédant de connaître le monde dans son ensemble et de s’informer par soi-même.

Source : Ridus

Traduction : Célia Mascré

Revue de presse : les nouvelles technologies, internet et la Russie

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Uber s’installe à Saint-Pétersbourg

Le 2 juillet, le service de VTC « Uber » a ajouté Saint-Pétersbourg à la longue liste des villes dans lesquelles il est présent. Désormais, sur leur site et grâce à leur application, il est possible de consulter les tarifs de déplacement dans la deuxième plus grande ville de Russie. 14 roubles la minutes, 7,50 roubles le kilomètre, soit environ dix fois moins cher qu’à Paris et légèrement moins cher qu’à Moscou. Depuis 2009, Uber est présent dans 39 pays et 115 villes et notamment à Washington, New York, Rio, Istanbul, Amsterdam, Shangai, Sydney… Apparu sur le marché russe à la fin 2013, Uber propose cependant des trajets jusqu’à trois fois et demi plus cher que les taxis russes. Pour un trajet du centre ville de Moscou jusqu’à l’aéroport Domodedovo, la société de service propose un trajet à 3500 roubles (75€) tandis qu’un taxi lambda le propose à 1000 roubles (21,5€). Poura-t-elle vraiment s’installer de manière pérenne à Saint-Pétersbourg, et à Moscou ? La qualité de la prestation saura-t-elle vraiment faire la différence ? Le temps nous le dira !

Source : Lookatme.ru

Viber ouvre ses bureaux en Russie

Le co-fondateur et directeur technique de l’appli de discution vidéo en ligne Viber,  Igor Magazinnik, a annoncé dans une interview au journal russe Vedomosti, qu‘un bureau serait ouvert en Russie très prochainement. Acutellement, plus de 20 millions de Russes possèdent l’application sur leur smartphone. La présence physique dans le pays devrait sans aucun doute renforcer la présence de la société, qui a déjà prévu la traduction de l’interface, et un contenu unique totalement adapté. Concurrent de Skype et Hangouts, Viber utilise une technologie propriétaire, mais propose une intégration plus poussée avec le téléphone comme la récupération automatique de la liste des contacts  et l’imitation du style d’origine de la fonction téléphone. Tout comme Skype, il propose la visioconférence, d’envoyer des messages textes et utilise le numéro de téléphone comme identifiant unique comme WhatsApp. Cela peut poser un problème de confidentialité sur les données récupérées. La société ayant développé le site, Viber Media Inc, a été rachetée par le groupe japonais Rakuten en février 2014.

Source : Hopes & Fears

Yandex et sa nouvelle appli inter-banques

Transférer son argent d’un compte à un autre de manière quasi-simultanée, c’est la promesse que fait Yandex, le célèbre moteur de recherche russe, dans sa toute nouvelle application. Ce service est déjà disponible sur le site officiel, mais surtout grâce à des applications Andoid et iOs. L’utilisateur n’aura plus à s’embarrasser d’identifiants bancaires puisque les données seront pré-enregistrées pour plus de rapidité et de facilité. Seul le montant à transférer sera à préciser. Pour les plus méfiants, puisque l’enregistrement des données n’est pas obligatoire, il est possible d’entrer à chaque transaction les données bancaires en scannant les numéros de carte bleue grâce à l’appareil photo du smartphone. Ainsi, le programme reconnaît automatiquement les données et remplit les champs obligatoires à votre place.Chaque transaction est protégée par le système de 3D secure, qui assure à priori à l’utilisateur d’être à l’abri d’un hacker. Que demande le peuple !

Source : The village

Ebay ouvre son site aux vendeurs russes

Jusqu’à présent, tout citoyen lambda pouvait acheter des produits étrangers via la plateforme d’enchère eBay traduite en russe (ebayrussia.ru). Désormais, les vendeurs professionnels russes pourront également proposer leurs biens sur le site américain. Implanté en Russie depuis 2010 et dirigé par Vladimir Dolgov, eBay réalise depuis quatre ans un travail de longue haleine vers cet objectif. Traduction de l’interface du site Paypal, contrôles répétés de la Banque Centrale Russe, logistique complexe à travers tout le pays : la tâche n’a pas été simple. Mais grâce notamment à la collaboration de La Poste russe, eBay peut désormais se venter de pouvoir livrer dans l’ensemble du pays. Dans le cadre de son implantation dans le pays, eBay a également ouvert plusieurs entrepôts en Lettonie afin de mieux desservir la Russie ainsi que les pays de la CEI.

Source : Interfax Gazeta

Data : ce qui se passe en Russie doit rester en Russie

Les députés de la Douma ont récemment adopté une loi exigeant que les sociétés Internet stockent les données personnelles des citoyens russes à l’intérieur du pays. Le Kremlin affirme que le mouvement est pour la protection des données, mais les critiques craignent qu’elle vise à museler les réseaux sociaux comme Twitter et Facebook. En effet, certains analystes craignent que la Russie ne cherche à créer une version fermée et censurée d’Internet au sein de ses frontières. Le députés, eux, se défendent : « la plupart des russes ne veulent pas que leurs données quittent la Russie pour les États-Unis, où elles peuvent être piratées et remises à des criminels » explique Vadim Dengin. Le nouveau projet de loi doit encore être approuvé par la chambre haute et le président Poutine avant de devenir effective, ce qui n’aura pas lieu avant 2016.

Source : BBC.ru

Les pires titres de la presse française sur Sotchi

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Ces derniers temps, il semblerait que la presse française –  et, plus largement, la presse européenne – s’évertue à effectuer un véritable « Russian bashing » ou « Sotchi bashing » comme on peut le lire sur les réseaux sociaux. En effet, si cet événement mondial que constituent les JO de Sotchi, en Russie, pourraient être l’occasion de découvrir le pays, sa culture, ses traditions, son peuple, il apparaît que les journalistes et autres analystes spécialisés soient incapable de sortir de leur carcan idéologique préconçu visant à sans cesse dénigrer le pays en dénonçant excès, corruption, torture, non-respect des droits de l’homme, etc. Évidemment, ces sujets doivent être abordés et tout excès doit être dénoncé. Cela devrait toutefois se faire à une seule condition : que ça ne soit pas le seul prisme à travers lequel l’on évoque un pays.

Voici quelques titres de presse relevés au cours de ces dernières semaines, et commentés.

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Le Monde, dimanche 2 février 2014

Cet article, de Marie Jégo, correspondante du Monde à Moscou, faisait la Une du journal le 6 février dernier. Avec un champ lexical guerrier, la journaliste nous enferme dans un lieu oppressant avec des « policiers et maîtres-chiens patrouillant en ville, fouilles dans les gares et sur les routes, circulation automobile limitée, drones et hélicoptères de surveillance déployés en permanence dans le ciel » dans ce « camp retranché » « envahi par 100 000 militaires, policiers et agents du renseignement venus des quatre coins de la Fédération. ».

Bref, une ville qui, comme toutes celles qui ont pu accueillir les JO depuis disons, 1972, se protège des actions de terrorismes et autres attaques dont elle est la proie idéale.

Rien de vraiment surprenant et pas de quoi en faire une Une, surtout lorsqu’on n’a jusqu’à présent parlé « que de ça »

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Le Monde, samedi 8 février 2014

 On commence avec quelques compliments (« Les Russes sont hospitaliers »), des superlatifs (« la chaîne du Caucase est belle, très belle ») et tout un tas de choses agréables sur Sotchi, la Russie, les Russes. Mais l’on comprend très vite le ton ironique de ces louanges inespérées, qui ne durent en réalité que le temps d’un court paragraphe pour être interrompus par un : « On passera rapidement sur le prix à payer pour cet étalage d’ego national que sont devenus les Jeux… ». Pas si « rapidement », puisque l’article entier est consacré à démontrer, une énième fois, comment ces Jeux ont coûté « bien trop cher ».

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Le Huffington Post (France), vendredi 7 février 2014

Ce titre utilise (avec talent) un jeu de mot qui impliquerait que « l’autre réalité » de Sotchi (comme si l’on nous  avait montré la première) soit celle de la torture. Autrement dit, dénoncer quelque chose qui évidemment existe, mais que l’on s’attèle avec tout le zèle du monde à dénoncer à longueur de journée, et cela toute l’année. Rappelons que les JO constituent un évènement sportif avant tout. Dès qu’ils seront finis, ne vous inquiétez-pas, vous pourrez continuer de vous acharner de la manière la plus malsaine possible sur ce pays, mais en attendant, une pause, non ? Un peu de détente ?

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Le nouvel observateur, vendredi 7 février 2014

Celui-ci nous offre une « revue de presse russophobe » grâce à un recueil d’extraits des articles les plus russophobes du moment, ayant pour point commun de taxer Vladimir Poutine de « Tsar ». Pour étayer ces propos, l’on trouve moult formules imagées évoquant un « régime à la main de fer et au populisme doré sur tranche » ou encore des « Caprices de tsar »… Déprimant.

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Le nouvel observateur, jeudi 6 février 2014

Oui, une loi punissant la propagande homosexuelle AUPRÈS DES MINEURS (car c’est cette deuxième partie de l’intitulé que l’on omet trop souvent) a été votée l’an dernier. Oui, c’est difficile d’être homosexuel en Russie.

Non, il n’y a pas d' »hystérie homophobe » en Russie et non, il n’y a pas plus d’homophobes à Sotchi qu’à Moscou ou où que ce soit ailleurs.

Ce genre d’articles montre à quel point nous sommes dans un cercle vicieux consistant à servir aux gens les « informations » conformes à leurs préjugés afin de les conforter dans l’ignorance et l’intolérance.

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Le Progrès (Lyon), samedi 8 février 2014

 Le journaliste Will Leitch l’espérait : une fois les épreuves des JO commencées, le Russian Bashing devrait prendre fin. Eh bien non, l’on s’attarde toujours à chercher la petite bête et critiquer le moindre dysfonctionnement. Pourtant, même les plus russophobes sont sortis de leur aveuglement pour admettre que la cérémonie était splendide. Quand s’arrêtera-t-on ?

Le présentateur télé Mikhaïl Léontieff nommé vice-président de Rosneft

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Il y a quelques temps, j’écrivais un article sur le rachat de Gazprom de toute une partie des médias russes. Grâce à une infographie assez affolante, l’on voyait à quel point Gazprom a une mainmise sur ceux-ci. Plus que d’une main-mise, la nomination aujourd’hui du célèbre chroniqueur politique russe Mikhaïl Léontieff témoigne d’une véritable connivence des journalistes avec les hautes strates du pouvoir. Cette nomination s’explique, en l’occurrence, par la relation amicale de longue date entretenue entre le journaliste et le Président de la compagnie Igor Setchine.

Le journaliste Mikhaïl Leontev dans son émission "Odnako" sur Piervyi Kanal

Le journaliste Mikhaïl Leontev dans son émission « Odnako » sur Piervyi Kanal

Encore une fois, l’on voit bien ici cette confusion permanente entre relation professionnelle et privée, qui met à mal le devoir d’objectivité des journalistes, forcément biaisé. Franchement, en voyant les titres de la presse russe ce matin, les termes de « journaliste » et de « Rosneft » dans la même phrase m’ont vraiment interpellée. Je ne sais pas si la presse français évoquera le sujet, mais j’avais très envie de vous faire partager cette nouvelle. Car selon moi, il faut savoir ce genre de choses.

C’est donc, à partir du 13 janvier, que ce cher Léontieff supervisera les relations extérieures de l’entreprise de la compagnie pétrolière tout en continuant sa profession de journaliste. Il sera également en charge, selon le quotidien Kommersant, des activités du Département de l’information et de la publicité, à la tête duquel se trouve actuellement un autre journaliste, l’ancien rédacteur en chef de REN TV, Vladimir Tyulin, qui détient par ailleurs le poste d’attaché de presse du groupe pétrolier. Igor Setchine, son Président, est connu pour recruter des célébrités, comme ce fut le cas avec Daniel Yerguine, auteur d’un best-seller et professeur à Harvard, qui avait été nommé au comité d’intégration du groupe.

Léontieff est surtout connu pour son émission « Odnako » sur la chaîne « Piervyi Kanal » qui propose des reportages vidéos sur des questions d’actualité russe et internationale. Cette émission existe depuis la fin des années 1990 et est diffusée après le journal du soir, à raison de deux fois par semaine. Le magazine du même nom, Odnako, est un hebdomadaire russe, publiant des articles de fond sur la politique et l’économie, encore une fois, russe et internationale. Preuve de la proximité du monde journalistique avec le pouvoir : l’inauguration du journal, qui s’est réalisée sous forme de fêtes regroupant, en 2009, la moitié du gouvernement et tout un tas de conseillers du Kremlin.

Ce genre de nomination, courante dans la société russe, pourrait témoigner d’une volonté des plus grandes entreprises du pays de s’approprier indirectement, et petit à petit, les médias, notamment les plus populaires.

Pour l’instant, ni Rosneft, ni le journaliste n’ont accepté de commenter la nouvelle.

Comme l’aurait dit notre cher Léontieff, : « Cependant, au revoir. »

#Ligouchka

Sources : Dojd, Lenta, Kommersant.

L’empire médiatique de Gazprom prend encore de l’ampleur

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La holding Gazprom-Media vient d’annoncer, mardi 26 novembre, le rachat de Profmedia à l’homme d’affaires Vladimir Potanine. Dans un communiqué commun, Gazprom et Interros, l’autorité d’investissement de Profmedia, annoncent que l’accord devrait être finalisé au début de l’année 2014, une fois que les autorités de régulation auront donné leur feu vert.

Gazprom média et Profmédia

Gazprom-Media et Profmedia

Il était de notoriété publique que l’homme d’affaire Vadimir Potanine cherchait depuis longtemps à se séparer de l’actif du groupe de médias, mais les experts ne s’attendaient pas à la vente de Profmedia dans son ensemble.

« Gazprom média est clairement amené à devenir un centre de contrôle unique de l’industrie des médias de Russie » s’insurge Evgueni Kouzine, rédacteur en chef du magazine Médiaprofi.

L’élargissement de cet « empire médiatique » préoccupe par ailleurs certains actionnaires de Gazprom, qui lui reprochent de s’éloigner de son domaine de prédilection, le monopole public des exportations de gaz naturel.

En 2012, les recettes « Profmedia » ont augmenté de plus de 17 % par rapport à l’année précédente et s’élèvent à près de 20,2 milliards de roubles. Les recettes de « Gazprom-Media », au cours de la même période, s’élèvent à 52,3 milliards de roubles.

L’achèvement de la transaction est prévu pour le début de l’année prochaine, quand ils ont reçu l’approbation réglementaire. Les termes financiers de la transaction n’ont pas été divulgués.

Infographie : à qui appartiennent les médias en Russie ?

Infographie : à qui appartiennent les médias en Russie ?

En bleu : Gazprom média, en orange : Profmedia (infographie bientôt disponible en français)

Gazprom média est la plus grande holding de médias russe, fondée en 2000 en tant que filiale de Gazprom. En 2000, elle a acquis NTV, la seule télévision indépendante à l’échelle nationale en Russie de l’époque, ainsi que d’autres actifs du groupe Media Most de Vladimir Goussinski, ce qui soulève à l’époque une controverse majeure et entraîne des changements considérables dans leur politique éditoriale. En 2005, Gazprom-Media achète Izvestia, un journal national de premier plan, et détient 66% de la célèbre radio « Echo de Moscou », pourtant longtemps décrite comme le « dernier bastion de la presse indépendante en Russie »

Son directeur est l’homme d’affaire russe Mikhail Lissine.

NTV a depuis perdu sa réputation d’indépendance, en diffusant notamment une série de documentaires à charge à l’encontre d’opposants à Vladimir Poutine au cours de la campagne électorale 2011-2012.

● « Profmedia » est l’un des principaux titres des médias privés du pays. Il comprend les chaînes de télévision TV3 ,  » 2×2  » et « Friday », la station de radio « Autoradio », de l’énergie, « Radio Romantika » et « Humour FM », ainsi que la société de production « Central Partnership » .

Son directeur est le mécène et ancien vice-premier ministre russe, Vladimir Potanine.

Ayant fait son énorme fortune dans les années 1990 après la chute de l’URSS, Potanine fait partie de ce l’on appelle en Russie les « oligarques » et des gens les plus riches du monde.

#Ligouchka