Les billets pour les JO de Sotchi sont parmi les plus abordable de l’histoire des Jeux

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Paradoxalement, les Jeux les plus chers de toute l’histoire (50 milliards de dollars, 36 milliards d’euros) offrent les tickets parmi les plus raisonnables. C’est ce qu’a déclaré le comité d’organisation ce matin.

Par exemple, un billet pour la cérémonie d’ouverture coûtait 4500 roubles (95€), le billet le moins cher pour les compétitions est de 500 roubles (10€), et le prix moyen pour toute discipline est de 1500 roubles (31€). Les billets les plus chers, eux, comme pour la cérémonie de clôture par exemple, ont déjà atteint 50 000 roubles (1050€), selon le service de presse du Comité d’organisation.

Si l’on prend le prix des billets les moins chers pour chaque discipline, l’on constate des prix bien inférieurs à ceux pratiqués lors des JO de Vancouver en 2010. Par exemple, pour la finale de hockey masculin, (7 000 roubles, 147€) le coût est 30% inférieur à celui de Vancouver. Concernant les compétitions de biathlon (1 500 roubles) les prix sont également 40% moins chers. Enfin, un billet pour les concours de curling (1000 roubles, 21€) serait 50% inférieurs aux prix de Vancouver.

Le comité d’organisation a déclaré que le prix des billets pour les Jeux olympiques de Sotchi étaient les plus bas dans l’histoire des Jeux d’hiver.

Mais pourquoi ces Jeux ont-ils coûté si chers ? À titre de comparaison, les Jeux de Londres (2012) avaient coûté 11,5 milliards d’euros et les JO d’hiver (Vancouver 2010) à peine 1,4 milliard d’euros, et les JO de Pékin, ayant battu tous les records (19 milliards de dollars) se retrouvent désormais relayés au second rang. Ces dépenses s’expliquent notamment par la construction de 400 kilomètres de réseaux routiers, deux gares, un aéroport, 77 ponts et 12 tunnels afin de permettre une meilleure circulation des sportifs et de la presse au cours des deux semaines de Jeux. S’ajoutent à cela 15 milliards de roubles de surcoût noté par la Cour des comptes russe (388 millions d’euros).

Pour plus de détails, retrouvez mon article Sotchi, mode d’emploi : quoi, comment, combien ?

#Ligouchka

Source : RSN

Les pires titres de la presse française sur Sotchi

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Ces derniers temps, il semblerait que la presse française –  et, plus largement, la presse européenne – s’évertue à effectuer un véritable « Russian bashing » ou « Sotchi bashing » comme on peut le lire sur les réseaux sociaux. En effet, si cet événement mondial que constituent les JO de Sotchi, en Russie, pourraient être l’occasion de découvrir le pays, sa culture, ses traditions, son peuple, il apparaît que les journalistes et autres analystes spécialisés soient incapable de sortir de leur carcan idéologique préconçu visant à sans cesse dénigrer le pays en dénonçant excès, corruption, torture, non-respect des droits de l’homme, etc. Évidemment, ces sujets doivent être abordés et tout excès doit être dénoncé. Cela devrait toutefois se faire à une seule condition : que ça ne soit pas le seul prisme à travers lequel l’on évoque un pays.

Voici quelques titres de presse relevés au cours de ces dernières semaines, et commentés.

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Le Monde, dimanche 2 février 2014

Cet article, de Marie Jégo, correspondante du Monde à Moscou, faisait la Une du journal le 6 février dernier. Avec un champ lexical guerrier, la journaliste nous enferme dans un lieu oppressant avec des « policiers et maîtres-chiens patrouillant en ville, fouilles dans les gares et sur les routes, circulation automobile limitée, drones et hélicoptères de surveillance déployés en permanence dans le ciel » dans ce « camp retranché » « envahi par 100 000 militaires, policiers et agents du renseignement venus des quatre coins de la Fédération. ».

Bref, une ville qui, comme toutes celles qui ont pu accueillir les JO depuis disons, 1972, se protège des actions de terrorismes et autres attaques dont elle est la proie idéale.

Rien de vraiment surprenant et pas de quoi en faire une Une, surtout lorsqu’on n’a jusqu’à présent parlé « que de ça »

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Le Monde, samedi 8 février 2014

 On commence avec quelques compliments (« Les Russes sont hospitaliers »), des superlatifs (« la chaîne du Caucase est belle, très belle ») et tout un tas de choses agréables sur Sotchi, la Russie, les Russes. Mais l’on comprend très vite le ton ironique de ces louanges inespérées, qui ne durent en réalité que le temps d’un court paragraphe pour être interrompus par un : « On passera rapidement sur le prix à payer pour cet étalage d’ego national que sont devenus les Jeux… ». Pas si « rapidement », puisque l’article entier est consacré à démontrer, une énième fois, comment ces Jeux ont coûté « bien trop cher ».

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Le Huffington Post (France), vendredi 7 février 2014

Ce titre utilise (avec talent) un jeu de mot qui impliquerait que « l’autre réalité » de Sotchi (comme si l’on nous  avait montré la première) soit celle de la torture. Autrement dit, dénoncer quelque chose qui évidemment existe, mais que l’on s’attèle avec tout le zèle du monde à dénoncer à longueur de journée, et cela toute l’année. Rappelons que les JO constituent un évènement sportif avant tout. Dès qu’ils seront finis, ne vous inquiétez-pas, vous pourrez continuer de vous acharner de la manière la plus malsaine possible sur ce pays, mais en attendant, une pause, non ? Un peu de détente ?

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Le nouvel observateur, vendredi 7 février 2014

Celui-ci nous offre une « revue de presse russophobe » grâce à un recueil d’extraits des articles les plus russophobes du moment, ayant pour point commun de taxer Vladimir Poutine de « Tsar ». Pour étayer ces propos, l’on trouve moult formules imagées évoquant un « régime à la main de fer et au populisme doré sur tranche » ou encore des « Caprices de tsar »… Déprimant.

homophobie

Le nouvel observateur, jeudi 6 février 2014

Oui, une loi punissant la propagande homosexuelle AUPRÈS DES MINEURS (car c’est cette deuxième partie de l’intitulé que l’on omet trop souvent) a été votée l’an dernier. Oui, c’est difficile d’être homosexuel en Russie.

Non, il n’y a pas d' »hystérie homophobe » en Russie et non, il n’y a pas plus d’homophobes à Sotchi qu’à Moscou ou où que ce soit ailleurs.

Ce genre d’articles montre à quel point nous sommes dans un cercle vicieux consistant à servir aux gens les « informations » conformes à leurs préjugés afin de les conforter dans l’ignorance et l’intolérance.

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Le Progrès (Lyon), samedi 8 février 2014

 Le journaliste Will Leitch l’espérait : une fois les épreuves des JO commencées, le Russian Bashing devrait prendre fin. Eh bien non, l’on s’attarde toujours à chercher la petite bête et critiquer le moindre dysfonctionnement. Pourtant, même les plus russophobes sont sortis de leur aveuglement pour admettre que la cérémonie était splendide. Quand s’arrêtera-t-on ?

Oui, les JO de Sotchi sont corrompus. Non, il n’y a pas de « Stalinisme » qui tienne

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Auteur : Mark Adomanis, spécialiste de l'économie russe.

J’ai déjà écrit à propos de cette étrange et désagréable tendance de certains journalistes occidentaux à assimiler tout ce qu’ils n’aiment pas avec le stalinisme et comment cela se termine inévitablement par la sous-estimation du mal propre à cette période de l’histoire soviétique. Le stalinisme est réellement une des manifestations les plus horribles du 20ème siècle, de la violence politique de masse, et même dans le récit le plus optimiste, ce régime a tué des millions de personnes innocentes. Tout comme il faut être prudent lorsque l’on compare tout et n’importe quoi avec l’Holocauste, les comparaisons avec le stalinisme doivent être faites avec beaucoup de précaution afin de ne pas déprécier sa signification ou insulter la mémoire de ses victimes.

sotchi_stalineMalheureusement, de nombreux rédacteurs, presque toujours des gens qui sont très critiques envers Vladimir Poutine et le gouvernement russe, continuent de comparer les aspects aléatoires de la Russie d’aujourd’hui avec les pages les plus sanglantes de l’histoire du pays. Hier encore, le journaliste Michael Weiss écrivait dans son article sur « Les JO criminels de Poutine » et comparait de manière totalement injustifiée la construction des JO avec celle du Canal de la Mer blanche, ainsi que Poutine à Staline. […]

Le fait que le projet de Sotchi ne soit pas directement comparable à l’assassinat intentionnel de milliers d’innocents ne signifie pas pour autant qu’il soit absolument grandiose. En dehors de la Corée du Nord, rien au monde actuellement n’est «assimilable» à la construction du canal de la mer Blanche, et Dieu merci ! C’est un signe de l’évolution (extrêmement progressive !) politique de l’humanité qu’aucun gouvernement (encore une fois, à l’exception de la Corée du Nord) soit prêt à supporter de telles pertes.

Le fait que la construction de Sotchi n’ait pas tué un très grand nombre de personnes ne signifie pas qu’elle soit au-dessus de tout reproche. Y a-t-il eu de nombreuses (et souvent très graves) violations de la législation du travail au cours de la préparation de Sotchi ? Oui, malheureusement. Les travailleurs migrants ayant construit la plupart des sites olympiques ont-ils été bien traités ? Non, malheureusement. Beaucoup d’entre eux ont été traités lamentablement. Les propriétaires de diverses entreprises de construction à Sotchi (et autour de la ville) ont-ils profité très largement de la manne des fonds publics ? Oui, sans aucun doute. Est-ce que tout cela reflète une image positive du gouvernement russe ? Non, je ne vois pas comment ça pourrait.

Mais bien que la corruption soit condamnable, ce n’est tout simplement pas la même chose qu’un assassinat massif. Les projets de construction staliniens comme le canal de la mer Blanche ont souffert de gigantisme, de corruption, d’énormes dépassements de budgets, de retards répétés, et de morts en masse. Le projets de construction Poutiniste qu’est Sotchi ne détient pas ce dernier élément de la liste, et c’est précisément ça qui fait toute la différence dans le monde.

Source : Forbes

Traduction : Célia Mascré

Dix questions à Poutine sur la corruption à Sotchi

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Auteur : Natalia Teleguina, journaliste pour le journal russe "Slon"

Vladimir Poutine a récemment annoncé qu’il n’y avait pas  de corruption à grande échelle dans le cadre de la préparation des JO de Sotchi. Il a exhorté, à cette occasion, toutes les personnes ayant connaissance de ce phénomène à partager les informations  avec les fonctionnaires d’Etat. Le journal « Slon » a préparé dix questions au Président russe. « Nous ne sommes pas des fonctionnaires du ministère de l’intérieur (MVD), ni de la Commission d’enquête, mais curieusement, il n’a pas été difficile de trouver les failles »

http://ru-travel.livejournal.com/23604477.html

Qui va ramasser les poubelles ?

En octobre 2013, un journaliste d’Associated Press (AP) a découvert la construction d’un gigantesque site d’enfouissement de déchets dans le village Akhshtyr, au nord de Sotchi. La société des chemins de fer (RZHD) a reçu pour cela une amende de 3000 dollars pour cette décharge non autorisée. Toutefois, selon un journaliste de l’AP, les déchets ont continué d’être déversés dès le 25 octobre.
Deux ans plus tôt , une dizaine de maisons privées rue Bakinski, à Sotchi, ont été détruites par un glissement de terrain. La raison de cette catastrophe n’était autre que des structures en béton armé des  constructions olympiques qui se sont déversées la nuit sur ​​une colline. Les riverains parlaient alors de trois milles camions Kamaz présents pour déblayer les gravats.

Vladimir Vladimirovitch, près de 2 milliards de roubles alloués pour l’élimination des déchets olympique, vraiment ?

Que va-t-il survenir des installations olympiques ?

En 2011 , Dmitri Medvedev, alors Président de la Fédération de Russie, avait affirmé que les quatre installations sportives après les Jeux olympiques seraient transportées vers d’autres villes : Vladikavkaz, Rostov-sur-le-Don, Astrakhan et Stavropol. Or, c’est précisément ce système « repliable » qui engendre un coût particulièrement élevé. Après les jeux, les 400 000 habitants de Sotchi pourront jouir d’un Cluster côtier composé de quatre complexes sportifs et de divertissement pouvant accueillir 3 à 40 mille spectateurs, un parc des expositions et une piste cyclable … Pour quoi faire ?

A Londres par exemple, les premiers plans de travail concernant l’héritage olympique ont commencé en 2007. Aujourd’hui, la London Legacy Development Corporation, dirigée par Boris Johnson, y est spécialement dédiée. Ainsi, le village Olympique (Athletes’ Village) a été converti en un nouveau quartier de 2800 maisons d’habitation (la moitié sont des logements sociaux), et le parc Olympique Queen Elizabeth attirera à partir de 2016 jusqu’à 9 millions de touristes par an. Notre absence de plans clairs est la conséquence, si ce n’est la corruption, alors, au moins, d’une inefficacité flagrante.

Qui se rendra à Sotchi après les jeux ?

La question de la cherté des Jeux provoque des allergies chez n’importe quel fonctionnaire russe. La plupart du temps, l’on nous répond que ces dépenses ne sont pas seulement réalisées pour les Jeux olympiques mais aussi à long terme pour le développement global de la ville en tant que station de ski. Mais alors, il serait intéressant mettre à notre disposition un rapport d’analyse montrant combien de touristes vont se rendre à Sotchi après les Jeux précisément grâce à l’amélioration de ces infrastructures.
Il y a plusieurs années, la région de Rostov a commandé une étude à BDO Unicon Consulting et Spectrum Gaming Group concernant le potentiel touristique de la région, dans la perspective de construire un parc d’attraction « Azov City ». Aujourd’hui, la construction de ce parc est au point mort. La question est donc la suivante : si les pouvoirs locaux sont capables de calculer les conséquences de leurs actes, pourquoi les pouvoirs fédéraux n’en font pas autant ?

Où sont les salaires des travailleurs ?

« Plus vous discutez avec les travailleurs et directeurs des entreprises ayant des contrats pour Sotchi, plus ils vous décrivent une énorme système financier pyramidal. Ces entreprises retardent au maximum leurs paiement aux sous-traitants, la dette atteint quatre à cinq chaînons, puis augmente jusqu’à ce qu’elle descende vers le bas de la pyramide pour frapper sa base, à savoir les ouvriers. » rapporte dans son reportage un journaliste de Novaya Gazeta. L’article fait référence aux 700 cas recensés de maltraitance des « hard worker » sur place, qui même s’il ont fait l’objet d’un rapport au ministère de l’intérieur, ne semblent être que la partie émergée de l’iceberg. À un an des Jeux, Human Right Watch a publié un rapport sur les conditions particulièrement inhumaines des travailleurs ainsi que des retards de paiement voire de paiements incomplets. Mais cet argent fait certainement partie des estimations des entrepreneurs…

Vladimir Vladimirovitch, si vous voulez en savoir plus sur les affaires de corruption à Sotchi, ça vaudrait peut-être le coup de jeter un œil aux rapports d’enquête sur les activités de la société Bolverk, qui dénonce que les retards de salaires s’élèvent à 11 millions de roubles (239 158 euros) ? Ou encore ceux de l’entreprise Krilakspetstroï dont un employé, Roman Kusnetsvo, s’est littéralement cousu la bouche en signe de protestation ?

Est-il éthique d’investir dans la construction d’un sanatorium pour le gestionnaire du budget annuel du président de Sotchi ?

(En Russie, un sanatorium est une maison de cure ou de repos avec spa, etc.)

Le luxe n’a pas de frontière, et ce centre de repos en est la meilleure preuve. Mais pourquoi ce tel luxe, digne des cheiks arabes, avec de magnifiques piscines ornées de stuc et entourées de palmiers et de fresques, est-il construit sur l’argent des contribuables ?

Depuis janvier 2013, le Bureau du Président de la fédération de Russie* a dépensé sur la rénovation de la magnifique construction près de 9,5 milliards de roubles, ou 26,3 millions par pièce – et cela fait partie du budget olympique. Tout en sachant que ces chiffres ne sont pas définitifs, puisque la station de luxe n’est terminée qu’à 89%. En ajoutant 11 % du budget, cette rénovation équivaudra bientôt au budget annuel de Sotchi pour 2014.

En tout, combien de violations a effectivement trouvé la Cour des comptes ?

Au printemps 2013, le directeur de la Cour des comptes Sergueï Stepachine révélait une surestimation de la valeur des installations olympiques à Sotchi de 15,5 milliards de roubles (32 millions d’euros). Ces chiffres dataient de fin 2012. Pourquoi tous les rapports sur le sujet ont-ils été rendus indisponibles ? Il serait intéressant de connaître le montant total de la corruption aux JO, même si ce ne sont que des estimations « prudentes » du Conseil d’État.

Peut-on transformer un réseau d’ingénierie en sept jours ?

Le célèbre opposant Alexey Navalny, connu pour sa lutte contre la corruption, a découvert en décembre dernier un appel d’offe lancé par les autorités locales de Krasnodar (la région de Sotchi, ndt) pour un chantier de sept jours à 601 millions de roubles (13 millions d’euros, ndt). Comme l’avait prédit le blogueur et avocat, c’est la société Youg Stroï 1 qui a remporté l’appel d’offre, comme à chaque fois. Il semblerait qu’aucun concurrent n’ait réellement été admis à la négociation. Alors, qu’en pensez-vous, Vladimir Vladimirovitch, cela ressemble-t-il à un client d’affaire et futur contractant et faut-il charger des organismes d’application de la loi de vérifier toutes les exigences menées précédemment par le Bureau général des constructions de la région de Krasnodar, ainsi que l’ensemble des appels d’offres remportés par Youg Sroï 1 ?

Pourquoi avez-vous soudain « oublié » la corruption à Gornaïa Karoussel ?

Vous, Vladimir Vladimirovitch, avez mis en scène le 6 février 2013 une réprimande générale à cause du non-respect des délais et de l’augmentation du budget multiplié par huit (passant de 1,2 milliards de roubles à 8 milliards (200 milliards d’euros)) pour la construction d’un complexe de saut à skis à Sotchi. Les frères Bilalov*,coupables tous désignés, ont été contraints de payer une amende à Sberbank, à qui appartient à 90% la célèbre station de ski « Krasnaya Poliana ». Sberbank elle-même, qui appartient à 50% à l’État russe, a tout à fait pu injecter cet argent non pas dans le « Chantier du siècle » qu’est Sotchi, mais dans le budget fédéral. Peut-on dire alors que la hausse des prix de 6,8 milliards de roubles est une manifestation de la corruption ?

Qui a besoin de 30 minutes pour se rendre de la côte maritime à la montagne?

Alpika Service est devenu le symbole de la la ligne ferroviaire Adler-Alpika Service
et son complexe autoroutier, même pendant la construction. Rien de surprenant étant donné que la facture chiffrait déjà 260 milliards de roubles à 65 % de la réalisation du projet. Vladimir Vladimirovitch, ça n’a pas dû être très agréable quand toutes sortes de hipster s’exclamaient ironiquement que pour cette somme, la route aurait pu être couverte de caviar noir (et à l’époque ils ne connaissaient pas encore le coût final). Après tout, il s’agit d’un objet technique complexe avec des ponts et des tunnels.

Pourtant, la Chine a réussi à construire un chemin de fer qui fonctionne sur cinq mille mètres d’altitude, 1900 km de long, plein de tunnels et viaducs – et tout cela pour un 26,2 milliards de yuans (environ 2 milliards d’euros au taux de change le 1er janvier 2006). En d’autres termes, un kilomètre coûte 117 millions d’euros en Russie, tandis qu’en Chine – environ 1 million d’euros, autrement dit 108 fois moins cher. Sauf qu’en Chine, il n’y avait même pas de route au départ.
Mais la question n’est pas là. Durant les olympiades, le train Lastotchka emmènera les spectateurs de la côte jusqu’aux montagnes en trente minutes, et jusqu’au centre de Sotchi en quarante minutes. Mais qui va s’amuser à « voler » sur la Lastotchka (litt. « hirondelle ») ? Il est tout à fait possible de rejoindre directement la station de ski depuis l’aéroport en voiture ! En ce qui concerne le RER, qui relie les côtes maritimes aux montagnes, il sera sûrement annulé par manque de fréquentation.

Que veut prouver Gazprom en mettant côte à côte les toilettes des hommes ?

Le 20 janvier dernier, Steve Rosenberg tweetait une photo des toilettes masculins au centre de presse de Sotchi, à l’étonnement général : pas de cloison entre eux … C’est un peu embarrassant de parler de ça avec vous, Vladimir Vladimirovitch. Et pourtant : ne croyez-vous pas que la décence veut que deux WC soient séparés entre eux ? Le deuxième toilette c’est quoi, un bidet ? 48,2 milliards de roubles – et c’est le montant provisoire –  ont été consacrés à la construction de ce complexe de biathlon «Laura» par Gazprom. La compagnie d’État aurait-elle voulu économiser de l’argent ?

Tweet du 20 janvier de Steeve Rosenberg, correspondant en Russie pour la BBC. Le tweet provoque un tollé immédiat sur la toile.

*Le Bureau du Président de la Fédération de Russie est une autorité exécutive fédérale (organisme fédéral) qui gère l’organisation et la mise en œuvre du soutien logistique direct et du bien-être, des activités de services médicaux et sanitaires des autorités fédérales.

*Akhmed Bilalov a été relevé de ses fonctions de responsable du développement du tourisme dans la région du Caucase du Nord.

Source : Slon