Référendum en Crimée : ce que vous ne savez (certainement) pas

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Le vote qui est actuellement en cours en Crimée concerne en réalité deux référendums qui détermineront si la péninsule redevient un territoire russe. Voici un point rapide sur le vote d’aujourd’hui afin de clarifier certains détails importants.

crimea-referendum-international-observers.siComment ça, « deux référendums » ?

Le premier concerne toute la Crimée et tout le monde peut y participer. Le second, plus petit, se tient dans la ville de Sébastopol, qui détient un statut spécial. Certaines organisations pro-russes ont également annoncé organiser leur propre référendum aujourd’hui dans la ville de Kharkov.

Les citoyens de Crimée sont dans une étrange position, consistant à voter si oui ou non ils veulent rejoindre la Russie, tandis que les troupes russes sont présentes un peu partout sur le territoire. C’est pourquoi certains décrivent cette impression de voter « avec un pistolet sur la tempe ». La mère Russie, quant à elle, fait tout son possible pour promouvoir ce référendum, qui apporte un aspect, disons plus « démocratique » à sa présence armée.

Le site officiel du vote est referendum2014.ru : vous pouvez noter l’extention « ru » (Russie) et non « ua » (Ukraine) et pour cause : le site d’origine, referendum2014.org.ua, a été fermé suite à plusieurs attaques par déni de service.

Qu’est-ce qu’on vote exactement ?

Voici, pour les russophones, à quoi ressemble le bulletin de vote :

russian_ballotVous remarquerez qu’il y a deux questions sur le bulletin de vote, chacune divisée en trois parties. La première question demande : « Êtes-vous en faveur de l’unification de la Crimée avec la Russie? » et la deuxième : « Êtes-vous en faveur de la restauration de la Constitution de 1992 et le statut de la Crimée comme partie intégrante de l’Ukraine? »

Autre chose : le bulletin est disponible dans les trois langues les plus parlées en Crimée, à savoir le russe, l’ukrainien et le tatar de Crimée. Les résultats seront comptabilisés dans la soirée.

Qui peut voter ?

Les citoyens de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol. Mais cette règle ne semble pas être appliquée : plus tôt aujourd’hui, la journaliste russe Ekaterina Sergatskova a affirmé qu’elle pourrait voter. Sergatsova est titulaire d’un permis de séjour temporaire afin de faire rapport sur ​​le référendum, mais reste un citoyen de la Fédération de Russie. « Eh bien, bien sûr, vous pouvez [voter], parce que vous vivez ici, » s’est-elle fait expliquer par le personnel électoral. Les membres de l’armée ukrainienne peuvent également participer, mais ils ne sont pas autorisés à quitter leur poste de garde pour le faire (source : RT). Selon les autorités locales, le référendum a besoin d’un taux de participation d’au moins 50% pour être légitime et recevable. En début d’après-midi, le taux de participation était de 45 à 50% dans 1169 bureaux de vote (source : observateurs d’Izvestia). Les autorités annoncent un taux de participation final se situant autour des 80%.

Y a-t-il des observateurs présents sur place ?

Oui. Mais ils sont un groupe très sélect d’environ 30 observateurs internationaux mandatés par le gouvernement de Crimée, qui ont été présentés devant la presse lors d’une conférence de presse, hier. « Parlant un russe impeccable et répétant mot pour mot le discours russe sur la crise ukrainienne, une équipe hétéroclite d’observateurs électoraux étrangers étaient alignés à louer le référendum lors d’une conférence de presse de samedi soir, » rapporte Max Seddon, journaliste pour Buzzfeed. L’OSCE a essayé d’obtenir une équipe de 40 observateurs en Crimée, mais des coups de semonce ont été tirés lorsque le groupe a tenté de traverser un point de contrôle la semaine dernière. La Crimée a depuis « invité » les observateurs de l’OSCE à assister au référendum.

Ce référendum est-il légal ?

Pas selon la Constitution ukrainienne, qui stipule que l’ensemble de la population de l’Ukraine doit voter sur toute modification de territoire. Le gouvernement criméen est juridiquement rattaché au Parlement ukrainien, et ne détient pas le pouvoir de déclarer une auto-détermination. Les États-Unis et l’Union européenne ont tous deux déclaré que le vote était illégitime, et la Russie soutient le contraire. Hier, la Russie a opposé son veto à une résolution de l’ONU critiquant le référendum, et la Chine s’est abstenue (source : BBC).

Que se passe-t-il ensuite ?

La Crimée deviendra russe, et Poutine va envahir l’est de l’Ukraine. C’est en tout cas ce que pense Julia Ioffe, et elle démontre ici pourquoi.

Source : Newrepublic

#Ligouchka

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