Plus de la moitié des Russes refuserait d’être payé à ne rien faire

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Selon le portail d’étude Superjob, 52% des Russes refuserait d’abandonner son activité professionnelle pour rester à la maison tout en gardant le même niveau de vie et le même salaire. Pour eux, un emploi représente bien plus qu’une simple source de revenu.

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Du reste, 38% des répondants aurait volontiers profité de cette occasion : ce qui, par rapport à une étude menée en 2007, représente 1,5 fois plus. La tendance étant que le nombre de « drogués du travail » soit en baisse continuelle, tandis que les « profiteurs »* ne cesse de croître.

Il s’avère que de plus en plus d’employés envient les « investisseurs » et autres hommes d’affaires qui « bénéficient d’une équipe de gestion compétente » et peuvent se permettre de percevoir un revenu sans se rendre quotidiennement sur leur lieu de travail. Toujours selon la même étude, si les employés étaient libérés de cet impératif, ils partiraient en voyage, passeraient du temps pour le hobbie, prendraient des cours du soir ou deviendraient bénévoles.

Les premiers 52% de répondants disent avoir conscience que ne rien faire de ses journées tout en percevant un revenu régulier, même si cela peut correspondre au rêve de beaucoup, entraîne forcément une certaine déchéance de l’individu qui perdrait tout sens de la valeur du travail.

Ce même groupe de répondants souhaiterait dans l’idéal combiner les deux cas de figure, à savoir réduire les journées de travail ou étendre leur week-end.

* Dans le texte original : « тунеядцев » : parasite, fénéant

Source : H&F

Dix stéréotypes sur les Russes à travers les publicités étrangères

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Pour plaire aux Russes, les marques étrangères font en sorte de réaliser des publicités qui leur parlent. Malheureusement, ça ne marche pas toujours. Voici une sélection de dix publicités qui véhiculent davantage des stéréotypes qu’elles ne correspondent à une quelconque réalité.

1Stéréotype n°1 : En Russie, tout se règle par la force

Publicité : Huawei Honor 3  : un téléphone pour la Russie

Nous avons ici le bandit mafieux typique des années 1990, qui tente d’arracher des informations à un pauvre type suspendu à des chaînes. Le « second » le sort de l’eau, et, voyant qu’il refuse de parler, le chef demande à ce qu’il y soit replongé. Mais la sonnerie d’un téléphone, qui a donc, on le comprend, résisté à l’eau, suscite l’intérêt de chef. La scène finit en séance photo de plus pittoresques.

2Stéréotype n°2 : En Russie, les routes sont mauvaises

Publicité : Nissan Almera, une voiture pour les routes russes.

Si un Russe achète une voiture, c’est forcément pour qu’elle soit capable de résister aux routes cahotiques. C’est visiblement ce qu’a pensé l’agence TBWA Moscow, puisque l’ensemble de sa campagne Nissan 2013 repose sur le slogan « Oubliez le mauvais état des routes ».

3Stéréotype n°3 : En Russie, il fait extrêmement froid

Publicité : Audi Quattro, toutes les conditions sont des conditions idéales.

Tout comme la thématique des routes mal entretenues, le thème du froid polaire et plutôt récurrent dans les publicités étrangères. Ici, l’agence Instinct (BBDO Group) semble vouloir montrer ce qu’un « vrai hiver russe » afin de vanter les mérites du système de la transmission intégrale permanente de l’Audi Quattro. Le message : ce système s’adapte parfaitement à la réalité russe et vous permettra de revenir à la maison pour dîner dans un gel et par n’importe quelle voie : « FACILE. »

4Stéréotype n°4 : En Russie ne vivent que des durs à cuire

Publicité : Nike. Just do it – Play Russian.

À l’approche des jeux Olympiques, la marque de sport Nike a lancé une campagne publicitaire « Play Russian ». L’on joue une fois de plus sur ce froid immense que connaît la Russie, mais cette fois l’accent est mis sur la volonté des sportifs de gagner quel qu’en soit le prix. En un mot : l’hiver russe rend les gens plus forts, plus puissants, et leur permet de jouer « à la russe ».

6Stéréotype n°5 : Les Russes et la Datcha*…

Publicité : IKEA. Reposez-vous dans votre maison à l’étranger. pppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppppp

Bronzer dans l’herbe, faire un barbecue, s’arroser les uns les autres, et ne jamais cesser de se reposer dans la nature (malgré la pluie) : voici le repos à la campagne version russe (selon les étrangers)

5Stéréotype n°6 : Tous les garçons des années 90’s voulaient devenir Businessman.

Publicité : Mars. Heureusement, les rêves ne se réalisent pas.

En 2011, la marque « Mars » fêtait les 20 ans de son implantation en Russie avec la commercialisation de ses barres Twix, Mars et Snickers. À cette occasion, l’agence de publicité BBDO Moscow a préparé une série de vidéos mettant en scène des enfants des années 1990 qui racontent ce qu’ils veulent devenir plus tard. Dans celle-ci, un garçon ayant grandit dans les années 1990 raconte qu’il veut devenir businessman, vendre des magnétophones et porter une veste en cuir. Vingt ans plus tard, il se révèle « fort heureusement » être un jeune homme comme les autres.

7Stéréotype n°7 : Toutes les petites filles des années 90’s rêvaient de se marier à un businessman.

Publicité : Mars. Heureusement, les rêves ne se réalisent pas.

Une autre vidéo de la même série. Elle met en scène une petite fille qui, fort heureusement, n’est pas devenue secrétaire et ne va pas en discothèque en collants roses.

8Stéréotype n°8 : Les grands-mères russes sont complètement gaga

Publicité : Lays. From Russia de Babouchka.

En 2011, l’agence de pub BBDO Moscow a réalisé une vidéo pour les chips Lay’s au goût Cornichon (que les Russes chérissent tant). Le personnage principal n’est autre que l’ancien capitaine de l’équipe de football russe, Andreï Archavine. Vous pouvez le voir ouvrir un paquet que sa gentille babouchka* russe lui a envoyé jusqu’à la lointaine Angleterre, où il se trouve. Dans ce paquet, une tenue de sport bien chaude, une chapka et des chips aux cornichons et au fenouil.

Stéréotype n°99 : Les Russes sont les gens qui lisent le plus au monde

Publicité : Google. Pour ceux qui aiment lire.

Cette vidéo tente de montrer à quel point les produits Google vont révolutionner la vie des amateurs de littérature. A en croire ce stéréotype, les rats de bibliothèque sont particulièrement nombreux en Russie. Sur cette musique nostalgique, les réalisateurs de ce spot nous rappellent combien les queues étaient longues pour acheter des livres, « avant ». Et pour rendre le tout absolument « russe », nous avons en guest-star l’écrivain Victoria Tokarev et sa petite-fille Catherine Todorovskaya.

10Stéréotype n°10 : Les Russes ne comprennent strictement rien aux technologies

Publicité : Hitachi. En Russie, on ne comprend pas.

Cette publicité-ci a été diffusée à la télévision japonaise en 2012. On y voit un représentant du Japon en Russie, qui tente d’expliquer à ses collaborateurs russes comment fonctionnent les produits Hitachi. Lorsqu’il demande « vous comprenez ? », il obtient systématiquement un « non » unanime. Dans le même temps, vous avez un exemple parfait de l’esprit d’équipe russe avec des coups de poing amical et autres réjouissances viriles.

Source : H & F

* Datcha (дача) : nom féminin russe désignant la maison de campagne

* Babouchka : nom féminin russe désignant la grand-mère

#Ligouchka

Les billets pour les JO de Sotchi sont parmi les plus abordable de l’histoire des Jeux

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Paradoxalement, les Jeux les plus chers de toute l’histoire (50 milliards de dollars, 36 milliards d’euros) offrent les tickets parmi les plus raisonnables. C’est ce qu’a déclaré le comité d’organisation ce matin.

Par exemple, un billet pour la cérémonie d’ouverture coûtait 4500 roubles (95€), le billet le moins cher pour les compétitions est de 500 roubles (10€), et le prix moyen pour toute discipline est de 1500 roubles (31€). Les billets les plus chers, eux, comme pour la cérémonie de clôture par exemple, ont déjà atteint 50 000 roubles (1050€), selon le service de presse du Comité d’organisation.

Si l’on prend le prix des billets les moins chers pour chaque discipline, l’on constate des prix bien inférieurs à ceux pratiqués lors des JO de Vancouver en 2010. Par exemple, pour la finale de hockey masculin, (7 000 roubles, 147€) le coût est 30% inférieur à celui de Vancouver. Concernant les compétitions de biathlon (1 500 roubles) les prix sont également 40% moins chers. Enfin, un billet pour les concours de curling (1000 roubles, 21€) serait 50% inférieurs aux prix de Vancouver.

Le comité d’organisation a déclaré que le prix des billets pour les Jeux olympiques de Sotchi étaient les plus bas dans l’histoire des Jeux d’hiver.

Mais pourquoi ces Jeux ont-ils coûté si chers ? À titre de comparaison, les Jeux de Londres (2012) avaient coûté 11,5 milliards d’euros et les JO d’hiver (Vancouver 2010) à peine 1,4 milliard d’euros, et les JO de Pékin, ayant battu tous les records (19 milliards de dollars) se retrouvent désormais relayés au second rang. Ces dépenses s’expliquent notamment par la construction de 400 kilomètres de réseaux routiers, deux gares, un aéroport, 77 ponts et 12 tunnels afin de permettre une meilleure circulation des sportifs et de la presse au cours des deux semaines de Jeux. S’ajoutent à cela 15 milliards de roubles de surcoût noté par la Cour des comptes russe (388 millions d’euros).

Pour plus de détails, retrouvez mon article Sotchi, mode d’emploi : quoi, comment, combien ?

#Ligouchka

Source : RSN

Les pires titres de la presse française sur Sotchi

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Ces derniers temps, il semblerait que la presse française –  et, plus largement, la presse européenne – s’évertue à effectuer un véritable « Russian bashing » ou « Sotchi bashing » comme on peut le lire sur les réseaux sociaux. En effet, si cet événement mondial que constituent les JO de Sotchi, en Russie, pourraient être l’occasion de découvrir le pays, sa culture, ses traditions, son peuple, il apparaît que les journalistes et autres analystes spécialisés soient incapable de sortir de leur carcan idéologique préconçu visant à sans cesse dénigrer le pays en dénonçant excès, corruption, torture, non-respect des droits de l’homme, etc. Évidemment, ces sujets doivent être abordés et tout excès doit être dénoncé. Cela devrait toutefois se faire à une seule condition : que ça ne soit pas le seul prisme à travers lequel l’on évoque un pays.

Voici quelques titres de presse relevés au cours de ces dernières semaines, et commentés.

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Le Monde, dimanche 2 février 2014

Cet article, de Marie Jégo, correspondante du Monde à Moscou, faisait la Une du journal le 6 février dernier. Avec un champ lexical guerrier, la journaliste nous enferme dans un lieu oppressant avec des « policiers et maîtres-chiens patrouillant en ville, fouilles dans les gares et sur les routes, circulation automobile limitée, drones et hélicoptères de surveillance déployés en permanence dans le ciel » dans ce « camp retranché » « envahi par 100 000 militaires, policiers et agents du renseignement venus des quatre coins de la Fédération. ».

Bref, une ville qui, comme toutes celles qui ont pu accueillir les JO depuis disons, 1972, se protège des actions de terrorismes et autres attaques dont elle est la proie idéale.

Rien de vraiment surprenant et pas de quoi en faire une Une, surtout lorsqu’on n’a jusqu’à présent parlé « que de ça »

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Le Monde, samedi 8 février 2014

 On commence avec quelques compliments (« Les Russes sont hospitaliers »), des superlatifs (« la chaîne du Caucase est belle, très belle ») et tout un tas de choses agréables sur Sotchi, la Russie, les Russes. Mais l’on comprend très vite le ton ironique de ces louanges inespérées, qui ne durent en réalité que le temps d’un court paragraphe pour être interrompus par un : « On passera rapidement sur le prix à payer pour cet étalage d’ego national que sont devenus les Jeux… ». Pas si « rapidement », puisque l’article entier est consacré à démontrer, une énième fois, comment ces Jeux ont coûté « bien trop cher ».

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Le Huffington Post (France), vendredi 7 février 2014

Ce titre utilise (avec talent) un jeu de mot qui impliquerait que « l’autre réalité » de Sotchi (comme si l’on nous  avait montré la première) soit celle de la torture. Autrement dit, dénoncer quelque chose qui évidemment existe, mais que l’on s’attèle avec tout le zèle du monde à dénoncer à longueur de journée, et cela toute l’année. Rappelons que les JO constituent un évènement sportif avant tout. Dès qu’ils seront finis, ne vous inquiétez-pas, vous pourrez continuer de vous acharner de la manière la plus malsaine possible sur ce pays, mais en attendant, une pause, non ? Un peu de détente ?

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Le nouvel observateur, vendredi 7 février 2014

Celui-ci nous offre une « revue de presse russophobe » grâce à un recueil d’extraits des articles les plus russophobes du moment, ayant pour point commun de taxer Vladimir Poutine de « Tsar ». Pour étayer ces propos, l’on trouve moult formules imagées évoquant un « régime à la main de fer et au populisme doré sur tranche » ou encore des « Caprices de tsar »… Déprimant.

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Le nouvel observateur, jeudi 6 février 2014

Oui, une loi punissant la propagande homosexuelle AUPRÈS DES MINEURS (car c’est cette deuxième partie de l’intitulé que l’on omet trop souvent) a été votée l’an dernier. Oui, c’est difficile d’être homosexuel en Russie.

Non, il n’y a pas d' »hystérie homophobe » en Russie et non, il n’y a pas plus d’homophobes à Sotchi qu’à Moscou ou où que ce soit ailleurs.

Ce genre d’articles montre à quel point nous sommes dans un cercle vicieux consistant à servir aux gens les « informations » conformes à leurs préjugés afin de les conforter dans l’ignorance et l’intolérance.

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Le Progrès (Lyon), samedi 8 février 2014

 Le journaliste Will Leitch l’espérait : une fois les épreuves des JO commencées, le Russian Bashing devrait prendre fin. Eh bien non, l’on s’attarde toujours à chercher la petite bête et critiquer le moindre dysfonctionnement. Pourtant, même les plus russophobes sont sortis de leur aveuglement pour admettre que la cérémonie était splendide. Quand s’arrêtera-t-on ?