L’empire médiatique de Gazprom prend encore de l’ampleur

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La holding Gazprom-Media vient d’annoncer, mardi 26 novembre, le rachat de Profmedia à l’homme d’affaires Vladimir Potanine. Dans un communiqué commun, Gazprom et Interros, l’autorité d’investissement de Profmedia, annoncent que l’accord devrait être finalisé au début de l’année 2014, une fois que les autorités de régulation auront donné leur feu vert.

Gazprom média et Profmédia

Gazprom-Media et Profmedia

Il était de notoriété publique que l’homme d’affaire Vadimir Potanine cherchait depuis longtemps à se séparer de l’actif du groupe de médias, mais les experts ne s’attendaient pas à la vente de Profmedia dans son ensemble.

« Gazprom média est clairement amené à devenir un centre de contrôle unique de l’industrie des médias de Russie » s’insurge Evgueni Kouzine, rédacteur en chef du magazine Médiaprofi.

L’élargissement de cet « empire médiatique » préoccupe par ailleurs certains actionnaires de Gazprom, qui lui reprochent de s’éloigner de son domaine de prédilection, le monopole public des exportations de gaz naturel.

En 2012, les recettes « Profmedia » ont augmenté de plus de 17 % par rapport à l’année précédente et s’élèvent à près de 20,2 milliards de roubles. Les recettes de « Gazprom-Media », au cours de la même période, s’élèvent à 52,3 milliards de roubles.

L’achèvement de la transaction est prévu pour le début de l’année prochaine, quand ils ont reçu l’approbation réglementaire. Les termes financiers de la transaction n’ont pas été divulgués.

Infographie : à qui appartiennent les médias en Russie ?

Infographie : à qui appartiennent les médias en Russie ?

En bleu : Gazprom média, en orange : Profmedia (infographie bientôt disponible en français)

Gazprom média est la plus grande holding de médias russe, fondée en 2000 en tant que filiale de Gazprom. En 2000, elle a acquis NTV, la seule télévision indépendante à l’échelle nationale en Russie de l’époque, ainsi que d’autres actifs du groupe Media Most de Vladimir Goussinski, ce qui soulève à l’époque une controverse majeure et entraîne des changements considérables dans leur politique éditoriale. En 2005, Gazprom-Media achète Izvestia, un journal national de premier plan, et détient 66% de la célèbre radio « Echo de Moscou », pourtant longtemps décrite comme le « dernier bastion de la presse indépendante en Russie »

Son directeur est l’homme d’affaire russe Mikhail Lissine.

NTV a depuis perdu sa réputation d’indépendance, en diffusant notamment une série de documentaires à charge à l’encontre d’opposants à Vladimir Poutine au cours de la campagne électorale 2011-2012.

● « Profmedia » est l’un des principaux titres des médias privés du pays. Il comprend les chaînes de télévision TV3 ,  » 2×2  » et « Friday », la station de radio « Autoradio », de l’énergie, « Radio Romantika » et « Humour FM », ainsi que la société de production « Central Partnership » .

Son directeur est le mécène et ancien vice-premier ministre russe, Vladimir Potanine.

Ayant fait son énorme fortune dans les années 1990 après la chute de l’URSS, Potanine fait partie de ce l’on appelle en Russie les « oligarques » et des gens les plus riches du monde.

#Ligouchka

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Nikolaï Tsiskaridzé : une nomination mouvementée

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La plus grande nouvelle du début novembre fut la nomination de Nikolaï Tsiskaridzé comme recteur de l’Académie Vaganova, à Saint-Pétersbourg. Cette décision a suscité de vives réactions dans le monde du ballet. Tatiana Kouznetsova, célèbre critique de ballet, nous explique les dessous de l’affaire.

Nikolaï Tsiskaridzé en pleine performance

Nikolaï Tsiskaridzé en pleine performance

Le changement de pouvoir à l’Académie Saint-Pétersbourg s’est fait conformément à la tradition russe, telle une opération des services spéciaux. L’information a été transmise dans un premier temps sous forme de rumeur, puis a été officiellement relayée par les médias russe le samedi 26 octobre, conjointement avec le ministère de la culture.
Sur le coup, le ministre adjoint à la culture, Grigory Ivlyev, a réfuté l’information, déclarant qu’au contraire, le mandat de la rectrice Vera Dorofeeva (rectrice de l’Académie Vaganova, ndt) avait été renouvelé. Le ministre de la culture, lui, s’est montré plus ambiguë : « Nicolaï Maksimovitch (M. Tsiskaridzé, ndt) ne sera pas au chômage » en ajoutant « Les rumeurs s’avèrent pour ceux qui les prennent au sérieux ».

Finalement, la rumeur s’est confirmée le lundi suivant, le 28 octobre. Plus tard dans la journée, Vladimir Medinski, ministre de la culture, présentait personnellement Nicolaï Tsiskaridzé en tant que recteur à l’équipe pédagogique et aux journalistes, lors d’un briefing à l’Académie.

Au même moment, une autre nomination avait lieu : celle du directeur artistique, qui selon la charte de l’Académie, ne peut pas être une personne extérieure à l’Académie. Altynaï Assylmouratova, ballerine renommée, à ce poste depuis 2000, s’est donc vue remplacée illico par Ouilana Lopatkina*. La danseuse étoile du théâtre Mariinsky (prestigieux théâtre à Saint-Péterbourg, ndt) a donné son accord, par téléphone car elle était en tournée. Une seule condition a été émise de sa part : celle de pouvoir continuer de se produire dans le théâtre de la ville.
Étrangement, le ministre n’a fait aucune allusion à leur éviction devant les deux responsables de l’Académie, il a en fait proposé de les présenter pour la remise de décorations nationales de prestige.

De l’indépendance de l’Académie

Vera Dorofeeva explique que ce paradoxe résume bien l’absurdité de la situation : elle-même a appris qu’elle était « remerciée » une heure avant la conférence de presse. Pendant celle-ci, elle a immédiatement expliqué qu’elle était fatiguée de payer les pots cassés au nom de la supposée indépendance de l’Académie.
La présidente, intransigeante, a en effet travaillé dur pendant des années pour l’autonomie de l’école de danse, vis-à-vis notamment du directeur artistique du Théâtre Mariinsky, Valery Guerguiev.

Tsiskaridzé, lui, est comme cul et chemise avec Guerguiev. Prenons l’exemple de Mariinsky II, le nouveau bâtiment qui accueillera les artistes lorsque le bâtiment historique, (Mariinsky I, ndt), lui, sera fermé pour rénovation. Il est clair qu’il a besoin d’espace supplémentaire : malgré son caractère gigantesque, les nouveaux locaux ne possèdent qu’une seule salle de répétition de ballet, ce qui est loin d’être suffisant. Mais voilà, il semble que Tsiskaridzé n’aie pas l’intention de contredire le maestro Guerguiev. Il se contente donc, dans une interview le jour de sa nomination, de rétorquer que les répétitions dans l’enceinte des écoles sont une tradition de longue date : il a seulement omis de préciser qu’à « l’époque », il y avait quatre fois moins d’élèves.

C’est donc sans surprise que Valery Guerguiev a soutenu le changement de directeur de l’Académie avec un enthousiasme particulier, en considérant cette nouvelle nomination comme « la décision d’un responsable virtuose ». C’est bien tel un virtuose, que le ministre Medinsky s’est retrouvé face à un fâcheux dilemme, entre la nécessité d’employer Nikolaï Tsiskaridzé (qui, paraît-il, bénéficie de protections très hauts placées) et celle de satisfaire les désirs de Valery Guerguiev, proche de Vladimir Poutine.

Rivalité entre Moscou et Saint-Pétersbourg

Le prestigieux théâtre Marrinsky à Saint-Petersbourg

Le prestigieux théâtre Mariinsky à Saint-Pétersbourg

En réalité, employer Nikolaï Tsiskaridzé, qui s’est vu refuser le renouvellement de son contrat par le directeur du Bolchoï, Anatoli Iksanov le 30 juin dernier, s’est révélé plus complexe que de satisfaire le maestro Guerguiev. Il semble d’ailleurs que durant l’été, l’espoir du danseur de diriger le Bolchoï ainsi que la pression de son entourage tout-puissant ont permis une rencontre de Tsiskaridzé avec le ministre de la culture en septembre.
Quoi qu’il en soit, la nouvelle de sa nomination en tant que recteur de l’Académie de Saint-Pétersbourg a été accueillie de manière très hostile par le monde du ballet.

Ce n’est pas tant que les Péterbourgeois soient offensés par la nomination d’un moscovite : la concurrence des deux villes est enraciné dans l’histoire, la supériorité des méthodes d’enseignement de Saint-Pétersbourg n’étant pas remise en question. Pendant deux siècles, les péterbourgeois furent envoyés à Moscou pour les aides à améliorer leurs techniques. Les péterbourgeois ont donc occupé une place déterminante dans l’école, lorsque, par exemple, dans les années 1930, le chef de l’École de Moscou Viktor Semenov reçu le prestigieux titre de « professeur émérite ».
La direction d’une école péterbourgeoise par un moscovite reste toutefois une première dans le monde du ballet. Diplômé de l’École chorégraphique de Moscou (Académie d’État de chorégraphie de Moscou, ndt), l’on peut douter que Tsiskaridzé ait la moindre expérience de travail avec les enfants, et, vu le caractère précipité de sa nomination, l’on peut aussi douter qu’il soit doté d’un réel programme d’enseignement méthodique.

Ceux qui revendiquent la décision ministérielle se disent toutefois offensés non pas par cela même, mais plutôt par le caractère cynique et impromptu de cette nomination et du « remaniement » improvisé qui l’accompagne.

Un directeur « Moralement irréprochable »

La ballerine Diana Vishneva

La ballerine Diana Vishneva

s’est faite porte-parole de ces revendications en déclarant : « Il est douloureux de constater que le changement de direction dans notre légendaire école pourrait devenir une monnaie d’échange dans le jeu de certaines personnes qui n’ont aucun lien avec l’Académie. » Elle a ajouté: «Nous ne devons pas oublier que l’école, principalement composée d’enfants, doit avoir un dirigeant moralement irréprochable. »

C’est d’ailleurs l’enjeu central : moralement irréprochable, Nikolaï Tsiskaridzé est bien loin de l’être. Un homme qui sur un plateau télé parle de ses collègues en disant que, ces « langues de pute », s’il avait un automatique sous la main, il les « buterait » sans hésiter, n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler un directeur idéal. Ajoutez à cela ses injures publiques adressés au directeur artistique Ratmansky, aux enseignants du Bolchoï, et aux artistes de la troupe.

L’on pourrait également rappeler l’épisode de 2011 lorsqu’après l’entière rénovation du théâtre Tsiskaridzé à décrété que les prétendues décorations en or étaient en réalité du plastique, ce qui a conduit à ce que tous les spectateurs se mettent à gratter la peinture pour « découvrir la vérité ».
Et puis il y a cette fameuse lettre envoyée à Poutine, en novembre 2012, où des artistes disaient soutenir la nomination  de Tsiskaridzé pour le poste de directeur général du Bolchoï. Plus tard, il s’est avéré que la lettre avait été largement inspirée par Tsiskaridzé.

Et encore sa réaction face à l’accident de Sergueï Filiine, directeur artistique du Bolchoï, qui s’est fait asperger d’acide en sortant du bâtiment en janvier dernier : Tsiskaridzé, expert autoproclamé en chimie et en ophtalmologie, a publiquement remis en question le diagnostic des médecins russes et allemands, dédramatisant la situation de manière totalement déplacée. La flagrante indifférence du danseur étoile au sort du directeur artistique a choqué non seulement la société russe mais aussi internationale : la réputation du jeune homme est irrémédiablement compromise jusque dans les journaux étrangers.
Chez nous, on a l’habitude d’expliquer ce genre de scandales par l’humeur explosive de l’artiste, et par son amour pour la vérité. Seulement par exemple, Rudolf Noureev avait également un tempérament impétueux : cela ne l’a pas empêché d’avoir une grande réputation dans le domaine de la danse et d’être réclamé à travers le monde.
Tsiskaridsé et sa prétendue renommée mondiale n’augurent rien de bon pour l’Académie

Le truc, c’est que l’ancien danseur étoile et professeur de ballet n’est absolument pas demandé dans le milieu professionnel et n’est pas si talentueux que le prétendent ses admirateurs et ses mystérieux « protecteurs ». La question est la suivante : pourquoi cet artiste si prestigieux est resté sans travail et inactif, le tout sans être submergé par qui que ce soit dans les ballets du monde ? Une seule réponse logique me vient à l’esprit : il n’est juste pas si indispensable.

Qu’est-ce qui attend l’Académie Vaganova avec ce nouveau recteur, à part la possible perte de son indépendance, et sa fusion avec l’Opéra Mariinsky ? La prospérité matérielle, certainement. Tsiskaridzé a tous les responsables de la ville dans sa poche. Le vice-gouverneur de Saint-Pétersbourg, Vasily Kitchedji, a déjà promis de reloger les étudiants du département pédagogique de l’Académie dans les dortoirs de la ville. L’on peut prédire que les enseignants recevront des subventions, que le budget de l’Académie augmentera, ça oui : Tsiskaridzé s’entend très bien avec les hauts fonctionnaires et autres grands patrons.

Il va de soi que les fonctions de recteur de l’Académie seront non seulement élargies, mais aussi transformées : Tsiskaridzé, premier danseur de toute l’histoire à obtenir un tel poste, ne se limitera certainement pas à l’activité financière et économique, comme ça a été pourtant la coutume, à Saint-Pétersbourg, pendant des siècles.
Difficile de savoir s’il souhaite réellement enseigner aux enfants, mais une chose est sûre, Tsiskaridzé compte bien donner une leçon aux autres professeurs, comme il le dit lui même en manifestant sa volonté de « définir la politique artistique de la célèbre institution de formation »

Bien que pour prétendre au titre de recteur, Nikolaï Tsiskaridzé doit encore passer par le processus électoral, les fonctionnaires ne semblent pas douter de son succès. Et cela non pas parce qu’ils sont certains¬ de la rigueur des éducateurs mais parce qu’ils croient en leur bonne foi, puisque ce sont des élèves qui vont se retrouver en otage de tout affrontement.

Et l’école ? Eh bien, en l’espace de 275 ans, elle a survécu à la guerre, et à la révolution. Elle survivra bien à un nouveau recteur.

*Nikolaï Tsiskaridzé a, depuis, rendu son poste de directrice artistique à Altynaï Assylmouratova.

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Trouver du travail en Russie : « à Moscou, les français reproduisent leur microcosme ultra-fermé »

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Pauline Bourgeois a 26 ans, est diplômée dans le marketing  et bilingue russe/anglais. Convaincue que l’expérience prime, Pauline a toujours mis un point d’honneur à travailler tout en étudiant. À son actif, donc : un an au pair à Londres, trois ans à Paris dans les magasins « Printemps », et deux ans en Russie dont six mois de stage et un diplôme de langue russe à la clé. Son projet à long terme : travailler dans le luxe.
Il semblerait toutefois que le monde du travail franco-russe à Moscou soit aussi fermé qu’en France, avec les mêmes codes implicites où deux mots d’ordres règnent : élitisme, et réseau.

Coups de fils répétés, entretiens inutiles parfois humiliants, elle se voit systématiquement essuyer des refus.

Il y a deux semaines, se rendant au forum franco-russe du premier emploi à Moscou, rendez-vous supposé incontournable entre les étudiants et entreprises franco-russes, elle n’a absolument rien obtenu, si ce n’est quelques cartes de visites et e-mails.

« Le prétexte quasiment récurrent pour me refuser un stage ou un job, c’est « Nous n’en embauchons que des russes, ou des biélorusses… » »

Pourquoi avoir choisi la Russie ?

Je suis partie du principe que tout le monde parlait anglais, et qu’il était donc nécessaire d’avoir une valeur ajoutée en pratiquant une langue rare. La Russie est un pays qui se développe de plus en plus, avec un marché qui prend de l’ampleur sur la scène internationale  et notamment dans le secteur du luxe en France. Ces raisons m’ont poussée à choisir ce pays, cette langue.

Quelles étaient vos attentes en arrivant en Russie ?

J’ai étudié le russe pendant un an auprès de la prestigieuse université d’État de Moscou, MGU, afin d’être parfaitement bilingue, et rendre mon CV attractif avec des mentions « Anglais et russe bilingue » : pour moi, c’était la meilleure manière d’intéresser les entreprises implantées ici.

Comment s’est passée votre recherche d’emploi ?

J’ai envoyé des CV à toutes les boîtes françaises implantées à Moscou, avec zéro retour. C’est là que j’ai commencé à désenchanter : je me suis rendue compte que j’étais loin d’être la seule française à Moscou et que le terrain était bien occupé par de nombreux jeunes diplômés français, issus de Science Po notamment. En fait, ils sont pour la plupart arrivés à Moscou pour leur stage de fin d’étude, à l’issu duquel ils ont été simplement embauchés, avec le statut d’expatrié. Le truc, c’est qu’ils se connaissent tous entre eux : c’est un réseau à la fois très précieux, car il permet une ascension certaine, et à la fois très fermé.
En fait, je me suis rendue compte que la logique française s’est totalement exportée ici à Moscou : si tu n’as pas fait de grande école, tu n’es rien, tu ne sais rien. Si tu viens de la fac, tu n’existes même pas. Tout se fait uniquement par contact : sans réseau, c’est tout simplement impossible de s’en sortir
Conclusion, des jeunes qui sortent de Science Po et qui ne parlent pas ou à peine le russe, trouvent des emplois extrêmement bien rémunérés à Moscou
Les français reproduisent leur microcosme ultra-fermé, qui se résume en trois mots magiques : « Grande école – CV – Contacts »

Le forum premier emploi vous a-t-il aidé ?
(Tous les ans, la chambre de commerce et d’industrie franco-russe organise un forum premier emploi pour se faire rencontrer les entreprises franco-russe et les jeunes diplômés)

Cette année, les entreprises françaises au Forum n’ont pas du tout joué le jeu : aucun DRH, aucun commercial, ils se sont contentés d’envoyer leurs secrétaires qui elles, ne faisaient que distribuer des cartes de visite ou donner des mails que j’aurais de toute façon trouvé sur internet. Malgré tout, je me suis présentée à chaque stand, avec mon petit speech : mon expérience, mes diplômes, ma nationalité (le tout en russe évidemment), etc. On m’a systématiquement coupé en me répliquant que l’on emploie que des russes ou des-français-ayant-un-visa-de-travail. Sérieusement, c’est totalement hypocrite ! Un visa de travail, par définition, se fait grâce à un contrat de travail. C’est évidemment une manière de me refuser, très peu adroite selon moi.

En outre, il semblerait que les visas de travail soient réservés aux cadres (dixit un patron d’une entreprise française de cosmétiques très connue). Tout ce qui est « en dessous » de directeur, manager, etc., ce sont systématiquement des russes.

Est-ce que la langue russe ne peut pas être mise en valeur sur le marché Français ?

Je l’espère. Encore une fois, n’ayant pas fait de grande école, ça risque d’être difficile. Je peux trouver un stage grâce à mon russe, mais pour un CDI je doute fortement.
J’ai été à un entretient récemment pour une grande marque de vêtement en France, (Paris), où la responsable Russie du service export ne parle pas un mot de russe s’appuie sur l’aide d’une stagiaire renouvelée tous les six mois. Cela signifie qu’un cadre peut se permettre de ne pas parler la langue propre à la zone géographique de son département, mais l’on attend d’une stagiaire payée 436€ par mois, qu’elle soit bilingue et irréprochable.

Que comptez-vous faire à partir de maintenant ?

On m’a proposé 4000 € mensuel pour garder une petite de 15h à 20h, logée, nourrie. Avoir fait cinq ans d’études et parler trois langues, voilà où ça m’aura mené. C’est le monde à l’envers.