Poutine et Medvedev : roulette russe ou chaise musicale ?

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Chaque pays a ses normes et ses codes en Politique. Les pratiques sont extrêmement importantes, et, même si le sacre des Empereurs n’existe plus, l’importance de certains « rituels » politiques aujourd’hui n’en reste pas moins tout aussi essentielle car ancrée dans la tradition. Lorsqu’on a assimilé une culture politique « à la Républicaine », accompagnée d’une éducation franco-française, il est très intéressant et aussi parfois insolite d’observer les comportements politiques du « monde extérieur ».

C’est avec surprise que j’apprends que Poutine et Medvedev se proposent d’échanger leurs rôles pour les présidentielles à venir. Les Russes, eux, ne sont pas étonnés et s’y attendaient, qu’il s’agisse du citoyen lambda ou même de l’opposition (Parti Communiste).

Premier constat : la préparation du « terrain » pour les présidentielles intervient très tôt, et cette coutume, est belle et bien universelle. Seulement, je fais immédiatement une seconde observation qui est la suivante : Poutine, président du parti Russie Unie, est le premier ministre de M. Medvedev, qui, lui, est dit « indépendant » car non rattaché à un parti. La question de se demander s’il est censé qu’un président ne soit attaché à aucun parti ou non est très intéressante et nourrira certainement d’autres débats. Pour l’instant, cette information à elle seule m’interpelle. Imaginez non seulement que M. Sarkozy ne soit rattaché à aucun parti, mais aussi que M. Fillon, lui, ne soit pas rattaché au même parti que notre Président ! Non, ça ne colle pas ; La France a une culture d’ « étiquette », et il se trouve qu’aussi bien au  plan municipal qu’au plan national, les électeurs ressentent – nos sociologues l’ont prouvé – le besoin de pouvoir rattacher leurs élus à une étiquette. Il est donc nécessaire pour un candidat en campagne d’être soutenu par un parti, – sans parler bien entendu du côté financier non négligeable pour la campagne – s’il veut parvenir au sommet.

Évidemment, ce qui choque en priorité, c’est l’évènement dont il s’agit ici, à savoir le « switch » Poutine-Medvedev. Bien entendu, il s’agit d’une opération purement politique qui consiste à augmenter les chances d’être élu en restant en « Duo ». Mais de ce point de vue, la première impression que j’ai eu, c’est qu’on joue aux dames avec des pions qu’on se contente de changer de place (comparaison qui d’ailleurs est tout à fait adéquate pour les opérations militaires qui sont, on le sait bien, purement politiques). Cet échange de rôle paraît tout à fait inconcevable en France, surtout parce que le duo Sarkozy-Fillon risquerait un sacré discrédit. Cela me rappelle pourtant étrangement ce « Remaniement ministériel » datant de 2010, qui de l’extérieur (et même de l’intérieur !) peut paraître tout à fait mal venu (inadapté …). On met A à la place de D, B à la place de C et on remplace E par E². Un simple jeu d’échec ! Seulement comment peut-on accepter une telle aberration lorsqu’on sait que, d’une part, le ministre de l’agriculture est passé par l’ENA – bien entendu – sans même avoir jamais vu une ferme de sa vie, et que, d’autre part, de toute façon, il sera remplacer tôt ou tard par le ministre des finances – que dis-je !- des affaires étrangères ( !) Mais alors, qui a le pouvoir entre les mains ? Des personnes qui ne savent pas de quoi elles parlent ? Bien entendu, elles sont formées, la transition est organisée, mais ces changements intempestifs posent un sérieux discrédit sur les acolytes de M. Sarkozy.

En réalité, si l’on creuse un peu, l’on comprend pourquoi les russes n’étaient pas surpris. Poutine, Président à deux reprises, avait utilisé son « quotta » de mandats autorisés par la Constitution de la Fédération de Russie, à savoir deux consécutifs. Il aurait alors simplement demandé à Medvedev de prendre sa place pour le temps d’un mandat, pour ensuite reprendre tranquillement sa place encore chaude pour deux mandats, à savoir jusqu’à 2022. A ce moment là, il aura 70 ans. Cette opération ne serait donc qu’une pure galipette pour passer outre le Texte Fondamental tout en étant sûr d’être réélu. Classique.

Célia Mascré

#Ligouchka

Bienvenue à la ferme aux élans !

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Nous sommes dans la région de Kostroma, en Russie. On l’appelle « ferme aux élans de Soumarokovo ». Elle a été fondée en 1963 pour protéger, étudier les élans, les aider à survivre. Les propriétaires n’ont aucunes subventions de l’État et ne vivent que sur les visites touristiques et la vente du lait d’élan. Lors de la visite et malgré le froid, je griffonne frénétiquement les commentaires du propriétaire.

Dans la réserve, les élans peuvent vivre plus de 20 ans, ce qui est bien plus que dans la nature. A la ferme, les hommes aident les élans à trouver de la nourriture. Les touristes peuvent caresser les élans, leur donner à manger du pain ou des carottes. Ils sont en totale liberté, ils viennent cependant pour se nourrir, les femelles s’y reposent quand elles ont mis bas, etc. Ils portent des colliers qui permettent de les situer géographiquement, mais ceux-ci ne couvrent qu’une surface de 20km. Quand ils vont au-delà, on n’est pas sûr qu’ils reviennent, soit parce qu’ils choisissent de revenir à la vie sauvage, soit parce qu’ils se font tuer par les chasseurs.

Au printemps, les femelles viennent à la ferme pour faire naître les petits. Les petits élans naissent en avril ou en mai. Il pèsent 16 kilo. Les femelles reviennent pour donner du lait. On donne du lait aux petits. A 2 mois, les petits élans se promènent dans la forêt. Les spécialistes les accompagnent, leur donnent à manger.

Qu’en est-il du lait ?

 Le lait est stocké pendant de longues périodes, c’est pourquoi il est congelé. Le processus s’effectue à des températures d’azote liquide, sans aucune perte des propriétés thérapeutiques. Il a énormément de propriétés telles qu’améliorer les processus de réparation (immunité), a un effet anti-inflammatoire et désensibilisation, renforce la flore intestinale, etc.

Le lait est vendu à plusieurs hôpitaux, le principal client restant le sanatorium de Soussanine, qui soigne ses malades de manière totalement naturelle. Il a de multiples vertus, notamment de soigner les ulcères à l’estomac. L’effet thérapeutique est dû, avant tout, à la présence forte de protéines « lizotsimnoy », à savoir : 40 à 65 mg par ml. La présence d’acides aminés essentiels tels que la thréonine, la méthionine, l’histidrine, et interchangeables – sérine, acide aspartique, alanine … – double ou triple par rapport au lait de vache. Vous souhaitez en acheter ? Allez-y, c’est 200 dollars le litre !

Comment ce lait est-il récolté ?

La manière dont le lait est récupéré mérite d’être expliquée. En effet, traire un élan, c’est hors du commun, et ce n’est pas si simple que de traire une vache ! Pour ce faire, une personne doit prendre l’odeur des bébés pour que la mère accepte de se faire retirer son lait. (Les élans sont quasiment aveugles, mais ils ont l’odorat et l’ouïe très développés) C’est ainsi qu’elle s’étale du placenta sur le corps … Miam !

 

Célia Mascré

#Ligouchka