Lecture : « Les enfants de Staline », Matthew Owens

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Quoi de mieux qu’un bon roman historique ? Rien de tel que de se laisser emporter par un roman de qualité, le déroulement de l’Histoire en toile de fond… On se cultive, sans s’en rendre compte, bercé par l’histoire poignante d’une famille déchirée.

Idéal pour mettre à jour nos acquis historiques un peu poussiéreux !

Staline en 1946

Staline en 1946

Personnellement, je n’apprécie pas les biographies, qui sont à mon goût trop égocentriques et parfois tirées par les cheveux. Pourtant ici, ce n’est pas vraiment sa propre histoire qu’Owen Matthews raconte, mais celle de ses parents et de ses grands-parents qui eux, ont vécu la Russie communiste.

Il n’a pas réellement besoin de donner un sens à ce qu’il relate, tant les évènements sont eux-mêmes lourds de sens. Une petite fille frappée par la tuberculose et amputée d’une jambe (sa mère), et sa sœur rongée par le silence … En effet, Lénina (appelée ainsi sur la volonté de son père en l’honneur de Staline),  a très bien compris que les nombreux parents des orphelins avec qui elle se trouve, n’ont pas été enlevés par erreur.

Ainsi, c’est avec regret qu’elle chante avec ses « frères » tous les matins « merci, camarade Staline, pour notre enfance radieuse ! » tandis qu’elle a perdu ses deux parents à l’âge de 10 ans et s’est retrouvée seule avec sa sœur de 3 ans, dans le froid et la famine. Il est d’ailleurs frappant de s’apercevoir qu’elle n’a que 10 ans sur la photo prise dans le premier orphelinat dans lequel elles ont été recueillies. Son visage, dont les traits sont déjà durci et matures, ressemble à celui d’une adolescente de 16 ans. (voir photo ci-dessus)

C’est une Russie sous l’URSS, en parallèle de la Russie moderne que nous découvrons à travers quelques petits paragraphes parcourant le livre, qui constituent des extraits de vie du jeune homme. L’on comprend, avec une mélancolie prenante, à quel point l’Histoire du pays a marqué la capitale et ses habitants. Il explique la relation singulière que les moscovites entretiennent avec les forces de l’ordre, la politique, ou encore la justice.

« La Russie postcommuniste me fait penser à un expérience scientifique brusquement interrompue : livrés à eux-mêmes dans un labyrinthe, des rats de laboratoire plongent vainement leur museau dans le distributeur d’eau sucrée alors que les chercheurs ont déjà éteint leurs lumières et émigré à l’étranger depuis longtemps ».

Cette comparaison résume en quelques lignes ce que tous les historiens spécialistes de la Russie expriment, à savoir l’idée que brusquement, tout s’est arrêté. L’idée que pendant des années de communisme exacerbé, on laisse la population « seule », avec un multipartisme naissant, une économie libéralisée, les biens ne sont plus nationalisés. C’est comme si la population était livrée à elle-même, dans un jeu aux règles bien nouvelles et peu claires.

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